« Système D - Organiser la continuité pédagogique » : une web-série de 11 épisodes

13 mai au 5 juin 2020 | #Web-série 

La crise sanitaire du Covid 19 a placé les enseignants face au défi gigantesque d'assurer la continuité pédagogique et de trouver des solutions pour enseigner à distance. Partout en France, les enseignants, pas ou peu préparés, se sont pourtant organisés pour maintenir le lien avec les élèves et permettre de continuer les apprentissages. Entre innovations, débrouilles et expérimentations, le bouleversement du travail des enseignants et du rôle des parents d'élèves marquera-t-il un tournant dans la pédagogie ?

Contexte

Pour raconter la transformation de l’enseignement et témoigner des solutions apportées pour préserver la transmissions des savoirs pendant le confinement et la crise du COVID 19, l’agence éditoriale Portemire suivi 11 acteurs en France et dans les DOM TOM. Des témoignages réalisés 100% à distance.


Il nous est paru important, voire essentiel, de documenter le quotidien et la créativité des ces professeurs, parents d’élèves, auxiliaires de vie scolaire afin de comprendre les enjeux et les réponses d’une telle crise. Nous mêmes formateurs, concepteurs et producteur de ressources pédagogiques, nous savons à quel point l'éducation est la clé pour réussir à faire société. Nous voulons rendre hommage à celles et ceux qui chaque jour oeuvrent pour transmettre et donner le goût d'apprendre.

citation-Manon@2x
citation-Michelle@2x

Quels profils ? 

L’objectif de cette web série est d’utilité publique et nous sommes convaincus que l'ensemble de ces témoignages et de ces SYSTEME D donneront à réfléchir et à penser une évolution de notre système d'éducation.
Chaque profil apporte des solutions différentes et une réflexion sur l’enseignement à distance. La somme de ces témoignages fait le récit de cette continuité pédagogique.

Du jeune professeur qui souhaite absolument terminer le programme scolaire à l’institutrice devant s’approprier les outils numériques en passant par les parents d’élèves qui ont trouvé leur propre solution. 

Publications et réseaux sociaux

Pendant 3 semaines, nous publierons, sur nos réseaux sociaux (Facebook, Twitter, LinkedIn et Youtube) un épisode tous les deux jours.
Le premier épisode est diffusé ce mercredi 13 avril.

Les épisodes 

Vous trouverez tous les épisodes ainsi que leur résumé ci-dessous. 
Ils sont également disponibles sur notre chaîne Youtube

[Épisode 1]  : Gilles Vernet - Professeur des écoles, classe CM2

Ancien trader, Gilles Vernet est depuis 2005 instituteur à mi-temps d’élèves de CM2 dans une école élémentaire publique de Paris (19ème) avec une grande mixité sociale.
Écrivain et réalisateur du film « Tout s’accélère » dans lequel ses élèves s’interrogent sur le rapport au temps, il se consacrait avant la crise du coronavirus surtout au français et au mathématiques sans avoir forcément recours à internet, mais avec le support de vidéos. Des ressources qu’il a mis en avant durant la période de confinement grâce à un tableau numérique pour continuer à ritualiser son enseignement, y compris en donnant des exercices.
Mais pour Gilles, qui s’est mis aux conférences Zoom avec ses élèves, jamais l’enseignement virtuel ne pourra remplacer l’enseignement réel : « On perd quelque chose en passant par le biais digital, la présence physique rassurante ou autoritaire ne pouvant pas être remplacée par une vidéo ». Sans compter que l’accès à l’ordinateur est compliqué dans des familles en difficulté. D’où la nécessité de trouver des solutions pérennes avec des outils corrects si le confinement tenait à se reproduire.

[Épisode 2]  : Véronique Léandre - Professeure des écoles

Partir des connaissances des enfants pour développer leurs compétences, tel est le credo de Véronique Léandre. Cette enseignante d’une classe de CM2 à St-Leu Centre (La Réunion), s’occupe en temps normal de 26 élèves qui sont en même temps « gestionnaires » d’un espace sur le littoral de la commune.
Malgré leur jeune âge, ils font des sorties avec des scientifiques pour comprendre leur environnement, essayer d’apporter des solutions aux problématiques liés aux cétacés, oiseaux, déchets... Une éducation sur le terrain bien évidemment mise sous cloche en temps de confinement mais qui néanmoins se poursuit à distance grâce à Beneylu School. Ce blog mis en place avant la crise du Covid-19, leur permettait déjà de produire des écrits, d’échanger avec leur institutrice, de développer des compétences en informatique... Mais depuis la période de confinement, il est devenu le principal lien pour continuer l’apprentissage malgré la fracture numérique. A travers un carnet de liaison, une médiathèque... ce blog permet aux élèves de visionner des vidéos, des cours... mais aussi de découvrir de la musique, des artistes.
Alors, même si le lien entre eux et Véronique est « appauvri » sans les interactions en classe et ne permet pas aussi bien de « construire un savoir », il continue quand même pour elle à donner du sens à l’enseignement en cette période de confinement.

[Épisode 3]  : Laure Guérin-Taquet - Parent d'élève, fondatrice du site « La classe à la maison »

Des tonnes de cours à imprimer et des devoirs « balancés », il n’en fallait pas moins à Laure Guérin-Taquet, maman entrepreneure et DRH à temps partagé, pour se lancer dans une nouvelle aventure sachant qu’être institutrice, ça ne s’improvise pas.
Déçue par l’accompagnement de son fils de 5 ans qui recevait « peu de pédagogie et de contact à part des mails », elle a donc créé une plateforme de cours en live grâce à un hackathon, La Classe à la Maison.
Cette plateforme met en relation des professeurs bénévoles de l’éducation nationale et des enfants de la maternelle au CM2 afin d’aider tous les parents dépassés par le confinement. Sans aucune connaissance du digital, elle a dû s’entourer d’une équipe de développeurs pour apprivoiser les outils numériques.
Aujourd’hui, cette alternative en ligne gratuit compte 40 professeurs qui dispensent des lives plusieurs fois par jour. Un joli exemple de soutien scolaire qui dévoile aussi une autre facette du bénévolat en cette période difficile.

[Épisode 4]  : Sandrine Bouquet - Parent d'élève

Enseigner, ça ne s’improvise pas et n’est pas forcément une vocation pour les parents ! C’est ce que vous dira avec humour Sandrine Bouquet, maman de deux enfants en CM1 et CM2 qui n’est pas « née prof ».
En télétravail avec son mari, la gestion des enfants a été dès le début un problème. Surtout quand l’une des maîtresses a la main très lourde sur les devoirs et l’autre pas du tout, la disparité entre les leçons peut s’avérer difficile à gérer. Qui plus est quand le côté théorie de l’apprentissage n’est plus là.
Elle a donc mis en place La Classe à la Maison pour le côté ludique et festif, ainsi que du soutien scolaire avec Bordas, « de l’or en barre » pour les parents qui peuvent agrémenter les devoirs « sans que ça soit la corvée » et continuer à travailler à côté. Ces cours en ligne « salvateurs » ont permis à ses enfants de se prendre aussi en charge, d’être autonomes et de ne pas être passifs.
Face à un fonctionnement qu’elle a connu à l’époque, à la fac, où le prof faisait son cours, elle s’est rendue compte que, quelque soit l’âge, quelque soit le niveau, l’apprentissage peut aussi se perpétuer de cette manière à distance.

[Épisode 5]  : Déborah Le Bloas - Parent d'élève, fondatrice des conférences
« ConfKids »

Fondatrice de Confkids qui met en place des conférences sur les enjeux de la transition du 21ème siècle à destination des jeunes générations, Déborah Le Bloas souhaite rendre celles-ci actrices du changement à travers deux partis pris : mettre en avant le concret et les solutions.
C’est ce qu’a donc souhaité cette « mum punk » de trois enfants afin d’assurer leur continuité pédagogique en période de confinement. D’autant plus que, face à la disparité des méthodes de travail des professeurs et instituteurs, elle avoue avoir eu du mal à comprendre la pédagogie de chacun d’entre eux.
Après s’être déculpabilisée avec son mari face au rythme trop soutenu, elle y est allée à sa manière. Il faut dire que le couple affectionne déjà en temps normal les méthodes alternatives à une éducation trop scolaire. Ses enfants ont donc travaillé entre cahier de vacances, leçons vidéos et QCM de Maxicours, visionnage de docus, défis quotidiens à réaliser chez soi... ce qui montre les plans B peuvent parfaitement être conjugués à une éducation « classique ».

[Épisode 6]  : Anne Davanture - Auxiliaire de vie scolaire

Auxiliaire de vie scolaire (AVS) depuis 4 ans au collège Le Parc, situé à St-Ouen-l’Aumône dans le Val-d’Oise (95), Anne Davanture s’occupe de trois collégiens aux pathologies différentes. L’un des élèves est autiste souffrant du syndrome d’Asperger, le deuxième étant atteint de troubles DYS + (dyslexie, dysorthographie...) tandis que le dernier est touché par des troubles cognitifs.
En temps normal, Anne assiste au cours en même temps que le professeur et les autres élèves pour mettre en place des adaptations selon la pathologie de ses « loulous », le but étant de travailler en « binôme »  avec eux. C’est pour cela, qu’à l’annonce du confinement, Anne a tout de suite pensé à la manière de garder le contact et d’assurer le suivi pédagogique de ses élèves qui ont énormément besoin de verbal. Face à un manque d’ordinateur à disposition chez eux, Anne a donc proposé de leur téléphoner tous les jours pour savoir comment ils se sentaient, les rassurer et les aider dans leurs devoirs. Des devoirs qui doivent être adaptés car ses élèves ont une mémoire visuelle.
L’objectif final est de les rendre au maximum autonome, surtout à distance. D’autant plus que, sans l’accompagnement des parents qui assurent le suivi, il va falloir sûrement refaire une grande partie du programme scolaire après la fin du confinement.

[Épisode 7]  : Michelle Ruivo - Professeure de Lettres classiques

Michelle Ruivo est professeure de Lettres classiques (Français et Latin) à Limay dans un collège publique (78) qui a fait le choix d’une organisation en équipe pédagogique : les professeurs essaient de coordonner leurs actions afin de faciliter le travail des élèves qui font face à la fracture numérique.
Avec ses collègues, elle a décidé d’utiliser l’ENT (Espace Numérique de Travail), le service de l’éducation nationale, pour créer un espace collaboratif par classe sans pour autant oublier les manuels scolaires. Le but : que les enfants puissent travailler en autonomie sans être stressés face à la multiplication des supports.
Dans un contexte où certains parents maîtrisent mal la langue française, où les enfants n’ont pas tous accès à un ordinateur, à un téléphone et, où il peut être difficile de se connecter plusieurs fois par semaine au sein de la famille, Michelle s’est rendue compte à quel point la consigne devait être simple et claire pour des élèves qui ne sont pas « multitâches » et peuvent être perdus avec les outils en ligne.

[Épisode 8]  : Manon Bordes - Professeure de français

Compte tenu de la rapidité du confinement, nombreux sont les professeurs qui n’ont pas eu le temps de donner des ressources pour assurer au mieux la continuité pédagogique à distance. C’est ce dont témoigne Manon Bordes, professeure des collèges à St-Denis (93) qui, face à des réseaux nationaux de travail saturés, a dû contourner avec ses collègues ce qui était officiellement autorisé, pour utiliser les réseaux sociaux.
Dans un département où la fracture numérique est grandement présente, Manon s’est servie d’Instagram comme moyen de communication et en faire un vrai outil. Après des stories, des sondages, des quiz... elle est revenue à des cours plus encadrés une fois l’ENT rétabli tout en les transformant en contenus plus visuels.
Ne croyant pas forcément à la continuité pédagogique en l’état, elle a adapté ses leçons à du travail à distance. Le but : les rendre accessibles à des élèves qui sont seuls à la maison, sans ordinateur mais souvent avec un smartphone. Au lieu d’être dans l’analyse de texte à distance, «ce qui est impossible sans avoir les élèves à côté», Manon n’a pas hésité en effet avec ses collègues à mettre en place un livre audio et un guide Netflix. L’objectif étant « de leur faire voir que dans le quotidien il y a aussi des moyens de réflexion comme s’ils étaient à l’école. C’est ça qui est la preuve d’une adaptation plus que les réseaux sociaux qui, finalement, servent surtout à garder le contact ».

[Épisode 9]  : Mamadou Ane - Professeur de mathématiques

Quand les maths deviennent un vrai plaisir d’apprendre à l’heure du confinement, qui plus est en famille, cela donne « Salade 2 Maths » .
Professeur de mathématiques au lycée Van Gogh d’Aubergenville, Mamadou Ane a eu du mal à assurer la continuité pédagogique avec les réseaux nationaux de travail saturés, difficiles d’accès... et compliqués. Il a bien sûr établi des cours académiques à travers des documents PDF, des Quizz (du CNED)… mais c’est vraiment à travers le site salade2maths.fr qu’il a su garder le lien avec ses élèves et assurer l’apprentissage en rendant les mathématiques accessibles et concrets.
L’idée étant d’utiliser le monde de la cuisine pour faire une entrée en matière pour des équations, de l’algèbre... une coupe de glace ou des macarons étant beaucoup plus inspirants au quotidien qu’une succession de Pi et de multiplications. Une occasion de rendre plus autonomes les élèves mais aussi de faire participer leurs parents qui veulent les accompagner sans reproduire la classe après la classe. Une démarche qui, selon le professeur, pousse à faire réfléchir sur la manière de concevoir l’enseignement. Un enseignement qui doit être « moins magistral et basé sur les notes, mais plus sur les compétences ».

[Épisode 10]  : Marie Terrien - Professeure histoire / géographie

Quand on est jeune professeure, on a à cœur de poursuivre absolument le programme scolaire à distance sauf que l’on peut vite se rendre compte que ce n’est pas possible !
Professeure d’histoire-géographie dans le Val-de-Marne (94), Marie Terrien a eu la pression comme beaucoup d’autres de ses collègues, de tenir le rythme face à des élèves qui ne pouvaient pas eux-mêmes suivre avec la multiplication des supports. Entre les messages vocaux, Discord, les Quiz sur internet... il a fallu s’adapter en prenant en compte que les élèves n’ont pas forcément accès à internet tout au long de la journée, ni à une aide de leurs parents.
Pour Marie, il reste donc du chemin à parcourir pour concilier numérique et enseignement. Un enseignement à distance qui « fondamentalement » ne changera pas grand-chose, selon elle, à la rentrée prochaine.

[Épisode 11]  : Clémence Longchal - Professeure sciences économiques et sociales

Professeure de sciences économiques et sociales dans un lycée de St-Denis depuis 2015, Clémence Longchal a l’habitude de faire beaucoup de cours en interaction en plus de ses cours magistraux. Ce qui, en période de confinement, n’est pas simple surtout dans un département où la fracture numérique est la principale difficulté et durement touché par la crise sanitaire, n’épargnant pas certains parents d’élèves.
Une inégalité renforcée lorsque les plateformes d’enseignement ne fonctionnent pas correctement. D’où la nécessité de chercher des modes alternatifs. Discord, WhatsApp, Youtube live, podcasts, Powerpoint, oraux par téléphone, Quizinière... beaucoup de méthodes qui demandent énormément de temps de préparation. Et qui montrent que, maintenir un programme scolaire coûte que coûte, est loin d’être facile.
En plus d’être surchargée elle-même, tout comme ses collègues qui ont pu faire des burn-out, Clémence a tenté de ne pas trop alourdir de travail ses élèves à cause du manque de préparation à l’annonce du confinement. Un confinement qui lui fait dire que l’enseignement doit se diriger vers un enseignement moins « vertical ».

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